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«Si le Fils de l'homme à son heure suprême Cria plus qu'un damné l'épouvantable angoisse, Clameur qui sonna faux comme un divin blasphème, C'est ...»

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LA PASSION (CHARLES PEGUY)

( Extraits des " Mystères de la charité de Jeanne d'Arc)

Si le Fils de l'homme à son heure suprême

Cria plus qu'un damné l'épouvantable angoisse,

Clameur qui sonna faux comme un divin blasphème,

C'est que le Fils de Dieu savait.

On se demande pourquoi Il aurait poussé cet effroyable cri;

Tous les textes sont formels, Il a poussé à ce moment un cri effroyable…

Alors on se demande pourquoi Il aurait poussé, à ce moment-là, un cri effroyable… Tout cela se passait sous la clarté des cieux ;

Les anges dans la nuit avaient formé des chœurs, Les anges dans la nuit chantaient comme des fleurs, Par-dessus les bergers, par-dessus les rois mages, L'étoile dans la nuit brillait comme un clou d'or.

Le Juste, seul, poussa la clameur éternelle… Les larrons ne poussaient qu'une clameur humaine, Car ils ne connaissaient qu'une détresse humaine;

Ils n'avaient éprouvé qu'une détresse humaine.

Lui seul pouvait crier la clameur surhumaine, Lui seul connut alors cette surhumaine détresse.

Sa gorge qui lui faisait mal, qui lui cuisait, qui lui brûlait, qui lui déchirait, Sa gorge sèche qui avait soif, Son gosier sec, son gosier qui avait soif, Sa main gauche qui lui brûlait et sa main droite, Son pied gauche qui lui brûlait et son pied droit, Parce que sa main gauche était percée et son pied droit, Son pied gauche était percé et son pied droit, Tous ses quatre membres, ses quatre pauvres membres… Et son flanc qui lui brûlait, son flanc percé… Son cœur percé et son cœur qui lui brûlait, Son cœur consumé d'amour, son cœur dévoré d'amour… Le reniement de Pierre et la lance romaine, Les crachats, les affronts, La couronne d'épines, le roseau flagellant, le sceptre de roseau, Les clameurs de la foule et les bourreaux romains, Le soufflet.

Car ce fut la première fois qu'il fut souffleté.

Il n'avait pas crié sous la lance romaine, Il n'avait pas crié sous le baiser parjure, Il n'avait pas crié sous l'ouragan d'injures, Il n'avait pas crié sous les bourreaux romains, Alors pourquoi cria-t-il?

Devant quoi cria-t-il?

Tristis...Tristis usque ad mortem… Triste jusqu'à la mort… Mais jusqu'à quelle mort?

Jusqu'à faire une mort ou jusqu'à cette date de la mort?

Il revoyait l'humble berceau de son enfance, La crèche où son corps fut couché pour la première fois;

Il prévoyait le grand tombeau de son corps mort;

Le dernier berceau de tout homme… Où il faut que tout homme se couche pour dormir, Censément, apparemment…pour enfin reposer… Pour pourrir… Son corps entre quatre planches, En attendant la résurrection des corps, Jusqu'à la résurrection des corps… Heureux quand les âmes ne pourrissent point.

Et Il était homme, Il devait subir le sort commun…couché comme tout le monde;

Il devait y passer comme tout le monde, Il y passerait comme les autres, comme tout le monde, comme tant d'autres, Après tantd'autres, son corps serait couché pour la dernière fois… Mais il n'y resterait que deux jours, Trois jours à cause de la résurrection Car Il ressusciterait le troisième jour;

A cause de sa résurrection particulière et de son ascension à Lui, Qu'Il fit avec son propre corps, avec le même corps… Le linge de son ensevelissement Blanc comme le mouchoir de cette nommée Véronique;

Le linge blanc comme un lange Et que l'on entoure tout à fait comme un lange, Mais plus grand, beaucoup plus grand, Parce que Lui-même Il avait grandi.

Il était devenu un homme. C'était un enfant qui avait beaucoup grandi… Le grand drap blanc de son ensevelissement… Il serait enseveli par ces femmes, Pieusement, par les mains de ces femmes;

Comme un mort qui est mort dans un village, Tranquillement, dans sa maison, dans son village… Accompagné des derniers sacrements… C'est ce qu'on nommerait la descente de croix… Parce que les Romains n'étaient pas méchants, Tous ces Romains au fond n'étaient pas méchants, Ils ne cherchaient pas querelle à son corps pendu Et dépendu… Ils ne feraient point de misères à sa dépouille mortelle, Ils ne chercheraient pas de disputes à ces pauvres femmes, à ces saintes femmes;

Ni au vieux Joseph d'Arimathée, Ce bon vieux, ce sage bon vieux qui lui prêterait son sépulcre… On peut prêter beaucoup de choses dans l'existence, Mais se prêter un sépulcre, ce n'est pas ordinaire…!

Il saisit d'un regard toute sa vie humaine, Que trente ans de famille et trois ans de public n'avait point accomplie;

Que trente ans de travail et trois ans de prière, Trente trois ans de travail, trente trois ans de prière n'avait point achevée;

Que trente ans de charpente et trois ans de paroles, Trente trois ans de charpente, trente trois ans de paroles Secrètes, publiques, n'avaient point épuisée… Car Il avait travaillé dans la charpente, De son métier, Il travaillait, Il était dans la charpente, dans la charpenterie;

Il était ouvrier charpentier.

Il avait même été un bon ouvrier Comme Il avait été un bon tout… C'était un compagnon charpentier;

Son père était un petit patron, Il travaillait chez son Père;

Il faisait du travail à domicile.

Il voyait.

Il revoyait aussi l'établi et le rabot;





L'établi…le billot pour appuyer le morceau de bois que l'on fend, La scie et la varlope…les beaux vrillons, les beaux copeaux de bois La bonne odeur du bois frais, fraîchement coupé, fraîchement taillé, fraîchement scié, Et la belle couleur et la belle odeur …et la bonne couleur et la bonne odeur du bois Quand on enlève l'écorce, quand on le pelure comme un beau fruit, Comme un beau fruit que l'on mangerait… Mais ce sont les outils qui le mangent… Et l'écorce qui se sépare, qui s'écarte, qui se pèle, Qui s'enlève délicatement sous la cognée…qui sent si bon Et qui a une si belle couleur brune.

Il était fait pour ce métier-là, sûrement;

Le métier des berceaux et des cercueils qui se ressemblent tant!

Des tables et des lits, et des autres meubles, de tous les meubles Car il ne faut oublier personne, Il ne faut décourager personne… Le métier des buffets, des armoires, des commodes, Des maies pour mettre le pain, Des escabeaux.

Et le monde n'est que l'escabeau de vos pieds… Il avait été un bon ouvrier, un bon charpentier;

Comme Il avait été un bon fils.

Un bon fils pour sa mère Marie.

Un enfant bien sage, bien docile, bien soumis;

Bien obéissant à ses père et mère.

Un enfant comme tous les parents voudraient en avoir.

Un bon fils pour son père Joseph, Pour son père nourricier Joseph, le vieux charpentier, le maître charpentier… Comme Il avait été aussi un bon Fils pour son Père, pour son Père qui êtes aux cieux… Comme Il avait été un bon pauvre, Comme Il avait été un bon citoyen… Il avait été un bon fils pour ses père et mère… Jusqu'au jour où Il avait commencé sa mission, sa prédication;

Un bon fils pour sa mère Marie, Jusqu'au jour où Il avait commencé sa mission…parce qu'Il avait commencé sa mission… Jusqu'au jour où Il s'était révélé comme un autre citoyen, Comme le fondateur, comme le citoyen d'une autre Cité, De la Cité céleste, de la Cité éternelle… Les autorités trouvaient cela très bien Jusqu'au jour où il avait commencé sa mission.

Les autorités trouvaient qu'Il était un homme d'ordre Jusqu'au jour où Il avait commencé le désordre, introduit le désordre… Le plus grand désordre qu'il y eût dans le monde, Qu'il y ait jamais eu dans le monde… Le seul ordre qu'il y ait jamais eu dans le monde.

Jusqu'au jour où il s'était dérangé.

Et en se dérangeant, Il avait dérangé le monde… Jusqu'au jour où Il se révéla le seul gouvernement du monde, Le Maître du monde, le seul Maître du monde!

Depuis trois jours elle pleurait, Depuis trois jours elle errait, elle suivait…elle suivait le cortège… Elle suivait les événements… Elle suivait comme à un enterrement.

Mais c'était l'enterrement d'un vivant…D'un vivant encore… Elle suivait ce qui se passait, elle suivait comme si elle avait été du cortège… De la cérémonie.

Elle suivait comme une suivante, comme une servante, comme une pleureuse des Romains, Des enterrements romains.

Comme si ça avait été son métier de pleurer.

Elle suivait comme une pauvre femme, comme une habituée du cortège, Comme une suivante du cortège…comme une servante… Déjà comme une habituée.

Elle suivait comme une pauvresse…comme une mendiante… Eux qui n'avaient jamais rien demandé à personne, A présent elle demandait la charité…sans en avoir l'air, elle demandait la charité.

Puisque sans en avoir l'air, sans même le savoir, elle demandait la charité de la pitié… D'une piété…d'une certaine piété…Pietas… Voilà ce qu'Il avait fait de sa mère…depuis qu'Il avait commencé sa mission.

Elle suivait, elle pleurait…Elle pleurait…Elle pleurait… Les femmes ne savent que pleurer.

On la voyait partout:

Dans le cortège mais un peu en dehors du cortège, Sous les portiques, sous les arcades, dans les courants d'air, Dans les temples, dans les palais, dans les rues, Dans les cours et les arrière-cours… Et elle était aussi montée sur le Calvaire…Elle aussi, elle avait gravi le Calvaire Qui est une montagne escarpée… Et elle ne sentait seulement pas qu'elle marchait.

Elle ne sentait seulement pas ses pieds qui la portaient.

Elle ne sentait pas ses jambes sous elle.

Elle aussi, elle avait gravi son calvaire.

Elle aussi, elle avait monté, monté, Dans la cohue, un peu en arrière, Monté au Golgotha…sur le Golgotha, Sur le faîte, jusqu'au faîte Où Il était maintenant crucifié… Cloué des quatre membres… comme un oiseau de nuit sur la porte d'une grange.

Lui, le Roi de Lumière…au lieu appelé Golgotha, C'est-à-dire la place du crâne… Elle pleurait, elle pleurait sous un grand voile de lin…un grand voile bleu…un peu passé… Voilà ce qu'il avait fait de sa mère… Elle pleurait comme jamais il ne sera demandé à une femme de pleurer sur terre.

Eternellement jamais…à aucune femme… Voilà ce qu'il avait fait de sa mère…d'une mère maternelle.

Ce qu'il y a de curieux, c'est que tout le monde la respectait.

Les gens respectent toujours les parents des condamnés.

Ils disaient même: la pauvre femme… Et en même temps, ils tapaient sur son fils, Parce que l'homme est comme ça…l'homme est ainsi fait… Les hommes sont comme ils sont et on ne pourra pas les changer… Elle, savait qu'au contraire, Il était venu changer l'homme…qu'Il était venu changer le monde!

Elle suivait, elle pleurait… Et en même temps, ils tapaient sur son garçon…les hommes sont comme ça… Et Lui, Il était venu pour les changer! Pour les refaire! Pour changer le monde… Elle suivait, elle pleurait… Tout le monde la respectait…tout le monde la plaignait… On disait: la pauvre femme… C'est que tous ces gens n'étaient peut-être pas méchants… Ils n'étaient pas méchants au fond: ils accomplissaient les Ecritures!

On pensait: c'est la famille du condamné Parce qu'elle était la mère du condamné.

On le disait à voix basse, on se le disait entre soi…avec une secrète admiration… Et on avait raison, c'était toute sa famille, Sa famille charnelle et sa famille élue;

Sa famille sur la terre et sa famille dans le ciel… Elle suivait, elle pleurait… Ses yeux étaient si brouillés que la lumière du jour ne lui paraîtrait jamais claire…plus jamais!

Depuis trois jours, les gens disaient: elle a vieilli de dix ans… Je l'ai encore vue, je l'avais encore vue la semaine dernière… En trois jours, elle a vieilli de dix ans!

Depuis trois, elle suivait, elle suivait, accompagnée seulement de trois ou quatre femmes, De ces saintes femmes… Escortée, entourée seulement de ces quelques femmes…de ces quelques saintes femmes, Ces saintes femmes enfin, puisqu'éternellement on devrait les nommer ainsi… Qui gagnaient ainsi, qui assuraient ainsi leur part de paradis;

Et pour sûr, elles auraient une bonne place…aussi bonne que celle qu'elles avaient en ce moment, Puisqu'elles auraient la même place car elles seraient aussi près de Lui qu'en ce moment, Eternellement aussi près dans sa gloire que dans sa Passion…dans la gloire de sa Passion… Voilà ce qu'Il avait fait de sa mère… Elle suivait, elle pleurait.

Elle ne comprenait pas très bien… Mais elle comprenait très bien que le gouvernement était contre son garçon, Ce qui est une mauvaise affaire;

Que le gouvernement était pour le mettre à mort, Toujours une mauvaise affaire…et qui ne pouvait pas bien finir… Tous les gouvernements s'étaient mis d'accord contre Lui, Le gouvernement des Juifs et le gouvernement des Romains, Le gouvernement des juges et le gouvernement des prêtres, Le gouvernement de soldats et le gouvernement des curés, Il n'en réchapperait sûrement pas, certainement pas.

Tout le monde était contre Lui;

Tout le monde était pour sa mort, pour le mettre à mort…voulait sa mort… Des fois, on avait un gouvernement pour soi, un autre contre soi, Alors on pouvait en réchapper.

Mais Lui, tous les gouvernements, tous les gouvernements d'abord, Et le gouvernement et le peuple…c'est ce qu'il y avait de plus fort Le gouvernement et le peuple qui d'habitude ne sont jamais d'accord, Alors on en profite, on peut en profiter… Il est bien rare que le gouvernement et le peuple soient d'accord.

Et alors celui qui est contre le gouvernement est avec le peuple, pour le peuple.

Celui qui est contre le peuple est avec le gouvernement, pour le gouvernement… Celui qui est appuyé par le gouvernement n'est pas appuyé par le peuple;

Celui qui est soutenu par le peuple n'est pas soutenu par le gouvernement.

Alors, on s'appuyant sur l'un ou sur l'autre, sur l'un et contre l'autre, On pouvait quelquefois en réchapper, on pourrait peut-être s'arranger… Mais Il n'avait pas de chance, elle voyait que tout le monde était contre Lui, Le gouvernement et le peuple ensemble…et qu'ils l'auraient, Qu'ils auraient sa peau!



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